Programme

Esquisse 2 costumes François IerEn 1515 François 1er monte sur le trône de France à l’âge de 20 ans. Auréolé de ses premiers succès militaires, sa jeunesse, sa fougue suscitent l’enthousiasme du pays tout entier. Roi bâtisseur, roi mécène, roi chevalier, François 1er s’entoure des plus illustres artistes, architectes et ingénieurs de la Renaissance dont Léonard de Vinci.
Jeune, sportif et excellent danseur François 1er va demander à tous les artistes de sa cour de participer aux divertissements qui trouveront leur apogée dans les fêtes de cour appelées « magnificences » dont la singularité n’a d’égal que le raffinement.

Notre spectacle s’inspire des iconographies, des traités de danses et des témoignages des contemporains comme ceux très précis de Tamalio le secrétaire de Fréderic Gonzague. Dans les récits que ce chroniqueur envoie à la cour de Mantoue après la victoire de Marignan, il s’émerveille des costumes de ces fêtes mais aussi de l’extravagante succession des tableaux, de l’inventivité et de la virtuosité des danseurs.

Les magnificences n’ont pas de formes définies, les tableaux indépendants les uns des autres ont chacun un thème : danses paysannes, mauresques, ballet sur les thèmes mythologiques de l’amour chaste et l’amour profane,…
Ces tableaux ne semblent pas avoir de logique dans leur enchaînement et ces fêtes peuvent, de notre point de vue, être vaines. Pourtant la magnificence chez Saint-Thomas d’Aquin et Aristote compte parmi les vertus royales ; elle convient, disent-ils, à celui qui est noble car de là découlent sa grandeur et sa dignité.
Il ne faut donc pas voir en ces fêtes un divertissement dispendieux et futile. La fête au contraire démontre de manière éclatante la foi profonde et sincère de la Renaissance dans la réunion des arts. Le divertissement de cour vise à recréer sur terre l’harmonie cosmique qui est censée gouverner l’univers.

Notre spectacle évoquera ce double aspect ; d’une part la fête brillante, joyeuse, carnavalesque, spectaculaire de cette Renaissance française conquérante et énergique, et d’autre part son aspect magique. Le prince, par ces fêtes, ramène l’harmonie et l’équilibre dans son royaume; la danse reflétant les mouvements des corps célestes. Les danseurs ont à ce titre une réelle influence sur le monde politique et social. Ces magnificences peuvent être considérées comme un véritable rituel, nécessaire à l’équilibre du monde.

Ainsi le poète Bérenger de La Tours d’écrire :
« Tout danse dans l’univers ».